Publié le 31 mars 2021

La Caisse des Dépôts présente ses résultats annuels

Informations financières
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Eric Lombard, le directeur-général de la Caisse des dépôts et consignations, a présenté aujourd’hui les résultats 2020 de son groupe. Interview et chiffres clés

Documents liés aux résultats des activités de la Caisse des Dépôts au 31 décembre 2020

Présentation
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Les chiffres clés à retenir :

  • 777 M€

    Résultat net agrégé

  • 51 Md€

    Fonds propres agrégés

  • 514 M€

    Contribution au budget de l’État

Interview d'Eric Lombard, Directeur général de la Caisse des Dépôts

« Nous sommes plus que jamais la maison de l’intérêt général des Français »

Eric LombardDirecteur général de la Caisse des Dépôts
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Comment se situent les résultats de la Caisse des Dépôts pour 2020 ?

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Eric Lombard : Pour l’année 2020 nos résultats sont en baisse significative mais ils restent positifs puisque nous affichons un bénéfice de 777 millions d’euros. Il s’agit là de la somme du résultat consolidé de la section générale et des résultats des fonds d’épargne que nous gérons par délégation du Ministère des Finances.

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De quelle manière expliquez-vous ce recul ?

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Eric Lombard : Les raisons de cette baisse sont logiques. Elles tiennent d’abord à la baisse des marchés financiers. Car nous avons un important portefeuille d’actifs. A cela s’ajoutent le recul de 40 % des dividendes, car nous sommes actionnaires d’établissements financiers qui n’ont pas pu faire de distribution. Enfin il y a les mauvais résultats de filiales opérationnelles qui ont été directement confrontées à la crise du Covid, comme Transdev ou la Compagnie des Alpes ou La Poste.

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En même temps le périmètre du groupe a beaucoup évolué ?

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Eric Lombard : En effet puisque nous avons effectué un rapprochement avec La Poste dont les effets bilanciels sont positifs. L’impact financier de cette opération est de près de 1 milliard d’euros en 2020 lié notamment à l’extériorisation de plus-values latentes de la part de CNP Assurances. Pour la Poste l’effet positif de ces changements de périmètre est de 4 milliards d’euros.

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Ce sont là des opérations purement comptables ?

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Eric Lombard : Bien sûr. Mais elles traduisent aussi une réalité économique. Pour la Poste cela veut dire que ces plus-values latentes sont désormais dans son bilan. Donc ses fonds propres ont été nettement renforcés et au regard du rôle essentiel joué par le Groupe auprès de nos citoyens, cet apport est bénéfique. Par ailleurs dans le bilan de la Caisse des Dépôts, notre montée au capital de la Poste et de CNP assurances s’est traduite par un fort badwill, puisque le prix d’acquisition était inférieur aux fonds propres.

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Cela signifie que sans l’opération La Poste, la Caisse aurait été déficitaire ?

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Eric Lombard : Au-delà de l’impact en résultat nous avons cet effet positif de 1 milliard d’euros dans nos comptes. La dernière fois que la Caisse des Dépôts a été déficitaire, c’est en 2008 en raison de la crise financière. Ce qui est logique puisque nous avons un portefeuille d’actions de 95 milliards d’euros.

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De quel portefeuille d’actions s’agit-il ?

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Eric Lombard : Il y a nos participations dites stratégiques dans de grandes entreprises stratégiques françaises comme RTE, GRT Gaz, Icade, la Compagnie des Alpes, BpiFrance, … A cela s’ajoutent les participations que nous avons dans notre métier gestion d’actifs. Cela représente 200 milliards d’euros d’actifs financiers. Enfin, il faut compter les participations détenues par CNP Assurances.

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Cela ne représente finalement qu’une petite part du CAC 40 ?

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Eric Lombard : C’est en fait très cohérent avec notre bilan. Car nous avons 51 milliards d’euros de fonds propres. A cela s’ajoutent bien sûr un portefeuille de dettes à long terme. Mais dès lors que nous sommes très prudents, il serait déraisonnable d’avoir plus de deux fois nos fonds propres en actions. Comme tous les établissements financiers nous sommes soumis à des contraintes de solvabilité et de volatilité.

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Quelle part de votre résultat allez-vous distribuer à l’État ?

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Eric Lombard : Nous allons faire deux versements à l’État. D’abord la contribution représentative de l’impôt sur les sociétés (CRIS) qui est de 228 millions d’euros. A cela s’ajoutent la moitié des résultats consolidés de la section générale, soit 286 millions. Au total cela représente 514 millions d’euros.

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Mais vous ne versez rien sur la gestion des fonds d’épargne ?

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Eric Lombard : Sur cette section, la tradition c’est que l’excédent, une fois qu’on a doté les fonds propres, est versé à l’État. Il se trouve que s’agissant de l’exercice 2019, en mars 2020, le Ministre anticipant les effets de la crise du Covid a renoncé à ce versement. Et cette année, nous sommes en solvabilité très légèrement en-dessous de la cible. Ce qui constitue une raison pour ne rien verser à l’État.

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Tous ces comptes ont été approuvés par la Commission de Surveillance ?

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Eric Lombard : Bien sûr. Cela a été fait hier. Mais par ailleurs, j’ai un dialogue permanent avec la Commission de Surveillance. Puisque nous nous voyons environ actuellement tous les quinze jours, compte tenu de la densité de sujets à traiter. Sinon le rythme habituel de ces réunions qui participent à la bonne gouvernance de la Caisse des Dépôts est mensuel.

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En dehors des aspects comptables quel a été pour vous le principal point fort de l’exercice 2020 ?

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Eric Lombard : Sans aucun doute, c’est notre engagement financier et humain dans la relance. Nous avions annoncé un investissement en capital de 26,3 milliards d’euros. Et à ce jour nous avons déjà engagé 7,8 milliards.

Ce qui est considérable et ce qui prouve qu’il y a beaucoup de projets à financer. Surtout dans l’habitat avec 3,6 milliards. Mais aussi dans le soutien aux entreprises pour 2,5 milliards d’euros à travers BpiFrance et la Banque des Territoires. La transition écologique, notre priorité, a représenté 1,4 milliards d’euros. Quant à la cohésion sociale, elle a bénéficié de 160 millions d’euros pour construire des Ehpad, ou des centres de santé par exemple

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Quel a été votre effort en termes de lutte contre le réchauffement climatique ?

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Eric Lombard : Comme je l’ai dit, c’est notre priorité et toutes nos activités sont passées à cette grille de lecture. Nous sommes très actifs dans tout ce qui concerne la rénovation thermique des bâtiments. La Caisse des Dépôts a participé à la rénovation de 27.000 logements sociaux et 232.000 mètres carrés de bâtiments publics ou à l’installation de nombreuses bornes de recharge électrique.

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La Caisse des Dépôts finance beaucoup de projets. C’est aussi la gestionnaire des Livrets A et l’actionnaire de La Poste, donc de la Banque Postale. Comment définir votre métier auprès des français ?

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Eric Lombard : Je dirais que la Caisse des Dépôts est la Maison de l’intérêt général et du long terme avec un mandat de développement territorial et d’inclusion. Tous les français ont un rapport direct ou indirect avec la Caisse, par la Poste, par RTE qui distribue l’électricité, par GRT qui distribue le gaz ou par les activités des mairies

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Mais la Caisse des Dépôts n’est pas une marque ?

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Eric Lombard : C’est bien une marque, les français la rencontre dans leur quotidien, comme l’est la banque des territoires auprès des élus et comme le sont toutes nos filiales. Nous sommes un groupe fédéral et nous avons un très fort taux de notoriété auprès des français. Nos valeurs et objectifs communs sont la confiance, l’amélioration de la vie quotidienne des françaises et des français et la transformation de notre pays.

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Il y a souvent eu par le passé des débats sur l’aspect politique de la Caisse ?

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Eric Lombard : Oui et j’observe avec plaisir que cette époque est révolue. On ne nous regarde plus comme le bras armé de l’État dans tel secteur d’activité ou dans telle opération financière. Mais comme un financeur des projets d’avenir et des territoires. Il sera intéressant de voir l’année prochaine si, à l’occasion des élections présidentielles, la Caisse est encore un sujet de débats. Je ne le crois pas et je m’en félicite.

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Il y a un mois, la Caisse des dépôts s’est abstenue lors du Conseil de Veolia délibérant de l’officialisation de l’OPA Sur Suez.

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Eric Lombard : Je ne vais pas commenter des décisions de conseil. Même si cette abstention a toute sa signification. Je ne peux que réitérer mon souhait de voir Veolia et Suez se parler pour aboutir à un accord. Mais la nature de cet accord, s’il intervient ne regarde que leurs dirigeants respectifs. Pour l’instant j’observe que Suez a récemment tendu une main à Veolia. Que ce geste soit retenu ou pas, est de la responsabilité des seuls dirigeants de Veolia. Nous sommes conscients que cette bataille n’est pas toujours très bonne pour la Place de Paris. C’est pourquoi je réitère mon appel au dialogue aux dirigeants des deux groupes.

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Concernant Icade quel est l’état des lieux ?

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Eric Lombard : La société a été directement frappée par la pandémie. Elle a eu un comportement très citoyen en pratiquant des remises de loyers. La qualité de ses actifs reste remarquable. Le résultat est resté positif et salué par les marchés et a même légèrement dépassé ses objectifs malgré la crise sanitaire qui a mis ses chantiers à l’arrêt en début d’année.

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Et Transdev ?

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Eric Lombard : C’est une participation remarquable de résilience dans le contexte actuel avec un chiffre d’affaires en baisse de 9 % et une perte de 109 millions d’euros en raison de la crise sanitaire. La société regarde avec intérêt l’ouverture à la concurrence de certaines lignes de chemin de fer en France.

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L’an passé vous avez pris le contrôle de la SFIL ?

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Eric Lombard : C’est le fruit de longues discussions avec Bercy et c’est la suite logique de notre montée au capital de La Poste. Nous formons maintenant un continuum du service public aux français.

Je vous rappelle que la SFIL est la septième banque française par la taille du bilan. Elle a trois activités. D’abord elle gère les actifs sains qui sont issus de Dexia. Ensuite c’est une banque de crédit hypothécaire qui permet de refinancer l’activité de financement des collectivités locales de la Banque Postale. Et enfin elle a un rôle important dans le financement de la grande exportation (notamment les navires, les grands projets…).

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La Poste et la Banque Postale ont dévoilé des plans stratégiques ambitieux. Comment êtes-vous impliqué dans ces initiatives ?

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Eric Lombard : Dans le cadre du groupe fédéral qu’est la Caisse des Dépôts, c’est la seule responsabilité de Philippe Wahl pour la Poste et de Philippe Heim pour la Banque Postale de définir leur stratégie. Comme nous avons des rencontres très régulières, bien sûr nous avons échangé sur ces sujets à plusieurs reprises. Ce qui est normal pour l’actionnaire que nous sommes dans la mesure où nous sommes attachés à la rentabilité de nos participations.

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Quelles sont vos priorités pour 2021 ?

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Eric Lombard : La relance économique et la transformation de notre encore et toujours, c’est le rôle qui nous est dévolu depuis plus de deux cents ans. Notre moteur tourne à plein régime et l’engament des collaborateurs est total. Je veux qu’on investisse cette année la même somme que l’an passé. Et c’est plus difficile que cela en a l’air dans la mesure où je souhaite que cela se fasse de manière très capillaire avec des délégations d’investissement pour nos directeurs régionaux en charge d’investir concrètement nos 26 milliards. Ce qui permet de traiter une quantité importante de petits dossiers et de répondre très finement aux besoins des élus. Par ailleurs nous avons de gros projets dans le cadre du logement social. Tout en continuant à veiller à la rentabilité de notre institution dans un environnement de taux bas.

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Et quid de la Poste ?

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Eric Lombard : Comme vous le savez l’an passé a vu le courrier s’effondrer littéralement. Le service universel postal qui était bénéficiaire est devenu déficitaire. Comme c’est un service public, la règle veut que ce déficit soit compensé par l’État. Nous sommes donc en pleines discussions avec les pouvoirs publics sur ce sujet majeur.

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Enfin en interne ?

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Eric Lombard : Je transforme cette Maison en mettant en place des procédures de suivi des risques très serrées. Il n’y avait pas jusqu’ici de direction centrale des risques. Idem pour le contrôle de gestion, la comptabilité analytique. Tous ces outils de pilotage participent de la transformation de la Caisse. A cela s’ajoute une université du management à laquelle je suis très attaché pour faire progresser nos talents.

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Le Livret A bénéficie toujours de l’épargne forcée ?

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Eric Lombard : Bien sûr, puisque les fonds du Livret A que nous centralisons s’élèvent à 290 milliards d’euros. Ce qui est un record. Ce n’est pas forcément un cadeau compte tenu de la conjoncture des taux bas dans laquelle nous sommes.

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Comment voyez-vous évoluer la conjoncture économique ?

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Eric Lombard : Nous sommes en phase de reprise après la récession historique de 2020. Dans ces conditions il ne faut surtout rien faire qui affecte ce rebond. Il ne faut pas tuer la reprise, ni les français par des baisses d’allocations ou des prélèvements. J’observe par ailleurs que l’inflation repart nettement tout en restant sous contrôle. C’est une bonne chose pour les détenteurs d’OAT indexées sur l’inflation que nous sommes. C’est aussi parfait pour gérer la réduction de la dette dans la durée et sans affolement.