La Poste entre au capital de Newcard, une start-up lilloise

Hauts de France
Start-up
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Le Groupe La Poste poursuit son développement dans les services de santé à domicile en entrant au capital de Newcard : une start-up lilloise spécialisée dans la télésurveillance des pathologies chroniques.

L'équipe de Newcard, start-up lilloise spécialisée dans la télésurveillance des pathologies chroniques

Après être devenue l’actionnaire majoritaire du groupe Asten Santé en 2017, de Diadom en 2018 et de Nouveal e-santé en 2020, La Poste poursuit sa stratégie de développement sur la Silver Economie en entrant au capital, à hauteur de 27%, de la start-up Newcard. Une nouvelle étape marquant la volonté du Groupe de simplifier la vie à domicile des seniors et de proposer une gamme complète de services à domicile pour les particuliers. Rencontre avec le directeur général de Newcard, Jean Guillemain d’Echon.

En quoi consiste Newcard ?

Nous proposons de la télésurveillance de maladies chroniques. Notre solution est prescrite par le médecin spécialiste ; c’est une véritable interface entre le médecin et son patient. Trois idées résument Newcard : la simplicité, la pertinence médicale et l’humanisation. Les appareils doivent être simples à utiliser pour que le patient suive bien la démarche et ne soit pas bloqué par la technique. Nous sommes pertinents médicalement car Newcard a été créé par des cardiologues. De plus, nous fournissons des données médicales objectives et en "temps réel" : poids, tension, fréquence cardiaque. Des informations qui sont une vraie aide à la consultation.

Combien de patients suivez-vous actuellement ?

Notre équipe d’une vingtaine de personnes, basée à Wambrechies, suit 1 200 patients sur toute la France ; nous comptons 180 centres prescripteurs, hôpitaux et médecins. L’assurance maladie prend en charge 100 % du coût.

Quand et comment a eu lieu le premier contact avec La Poste ?

En 2017, nous avons fait appel à La Poste, dans la région lilloise, pour que des factrices et facteurs installent le kit au domicile des patients. Mais nous n’avions pas d’assez gros volumes pour poursuivre l'opération. Dans un deuxième temps, notre partenaire principal, Sparkling partners, nous a mis en relation avec la Business Unit Silver Economie et Santé de La Poste. C’est à ce moment qu’a germé l’idée d’une participation financière de La Poste au projet.

Que vous apporte La Poste ?

Avec La Poste, c’est un véritable partenariat stratégique et opérationnel qui se met en place. Avec l’acquisition d’Asten Santé et de Diadom, La Poste a prouvé qu’elle est un partenaire de choix dans le domaine de l’accompagnement médical. C’est une force pour nous d’avoir un groupe comme La Poste à nos côtés pour construire ensemble des solutions de télémédecine.

Quels sont les enjeux de la télémédecine ?

À ce jour, l’insuffisance cardiaque concerne plus d’un million de patients et engendre environ 150 000 hospitalisations par an. Cela représente près de deux milliards d’euros de dépenses pour l’assurance maladie. Le déploiement large de la télésurveillance de cette pathologie permettra une économie de plusieurs centaines de millions d’euros par an pour le système de soins français.

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur vos activités ?

Nous avons eu des difficultés à rencontrer les médecins pour leur présenter notre solution. Côté patient, nous avons innové en développant l’auto-installation, en accompagnant la personne à distance. La crise sanitaire que nous vivons démontre les bénéfices de la télémédecine ; petit à petit, il y a une véritable prise de conscience sur le fait qu'il est possible d'avoir un suivi à distance prenant en considération l'individu.