Rencontre
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Inondations hiver 2018 : réparer et se préparer

Développement Territorial

La ville de Nogent-sur-Marne a été durement touchée par les inondations de janvier-février 2018. Son maire, Jacques JP Martin, a fait bénéficier sa commune du prêt à taux 0% accordé par La Banque Postale aux villes sinistrées. Il s’exprime sur les événements et sur le besoin en financements qu’ils ont entraîné.

Jacques JP Martin, maire de Nogent-sur-Marne

Quel a été l’impact des inondations sur votre commune ?

Elles ont été exceptionnelles. Traditionnellement, on compare chaque nouvelle inondation avec celle de 1910, mais peu de gens aujourd’hui en ont eu l’expérience. Celle que nous venons de vivre ressemble beaucoup à celle de 1958, celle de 2016 n’ayant pas occasionné autant de dégâts. Outre les bords de Marne, qui ont été inondés, l’Île des Loups a été complètement submergée et l’Île de Beauté a été beaucoup plus touchée que par le passé. De nombreux résidents étaient bloqués chez eux. Pour que chacun puisse se déplacer, nous avons dû installer des passages surélevés et, quand cela n’était pas possible, assurer des navettes en barque. Les dégâts ont touché la voirie, les aménagements urbains, les espaces de jeux sur les berges, les bords de Marne, le port de plaisance… leur coût a été estimé à 400-450 K€. D’autres dépenses s’ajoutent à ces dégâts matériels, celles liées aux interventions des personnels communaux qui se sont portés volontaires pour aider nos concitoyens en détresse (transport par bateau, approvisionnement en vivres, achat de générateurs électriques de secours), celles aussi liées au déplacement et à l’hébergement des personnes ne pouvant plus résider chez elles.

Plus précisément, pour quels types de travaux avez-vous eu besoin d’une aide de financement ?

Il ne s’agit pas seulement de travaux de remise en état, mais aussi de préparer avec les villes voisines et d’anticiper les futures crues auxquelles notre ville pourrait être exposée. Nous avons été confrontés cette année à une hauteur d’eau et des dégradations que notre plan de prévention n’avait pas anticipées. Nous sommes en train de réexaminer profondément le nôtre en fonction des événements qui se sont produits. Si on fait la liste des achats nécessaires pour faire face à une crue de même ampleur, cela représente 250-300 K€. Il convient notamment de donner plus de mobilité aux équipes d’intervention, avec des moyens de navigation adaptés aux courants élevés, des pontons plus nombreux et plus rapides à installer, des équipements pour les personnels (cuissardes, gants, etc.). Nous allons également étudier avec EDF-Enedis la possibilité de mettre hors d’eau les boitiers électriques exposés. Quand l’électricité est coupée, donc sans chauffage et avec un taux d’humidité élevé, vous ne pouvez plus vivre chez vous. Si des proches peuvent vous accueillir, c’est bien, mais sinon, vous n’avez pas d’autre choix que d’être hébergé à l’hôtel ou dans un gymnase.

Comment avez-vous été informé que La Banque Postale proposait des prêts à taux zéro aux communes en état de catastrophe naturelle ?

J ’en ai entendu parler lors d’une réunion de travail alors que j’évoquais les coûts induits par les inondations. J’ai d’abord vérifié les conditions d’éligibilité du prêt, et ai ensuite prévenu nos services financiers.
 Nous avons beaucoup apprécié l’initiative de La Banque Postale. Elle témoigne d’une vraie proximité avec les communes, une solidarité même, et son offre est la plus concrète et la plus facile à mettre en œuvre. Nous avons eu des propositions d’aides de la région, de la métropole, de l’Agence de l’eau Seine-Normandie… Excepté cette dernière, le montant de l’aide représente en moyenne 40 K€ par collectivité, ce qui ne couvre pas le besoin. Outre le taux 0%, particulièrement attractif, l’offre de La Banque Postale apporte une réponse rapide à un besoin urgent. Il n’est notamment pas nécessaire de dresser le détail des dépenses envisagées pour en bénéficier, ce qui permet de lancer rapidement certaines dépenses, toute l’information sur le pourquoi du prêt et son affectation étant bien sûr transmise au conseil municipal.

Et comment La Banque Postale a-t-elle traité votre besoin ?

Je n’ai pas été en contact direct avec La Banque Postale, mais j’ai eu des échos très favorables de ma directrice adjointe aux finances. Nos interlocuteurs ont fait preuve d’une grande écoute, avec une réelle compréhension des enjeux et des préoccupations qu’une commune peut avoir dans ce genre de situation. Nous avons expliqué ce à quoi serait destiné ce prêt : refaire les berges et les bords de Marne, et notamment les promenades dont les revêtements ont été particulièrement dégradés. Il fallait faire vite, les délais d’exécution pouvant être assez longs après l’engagement de la dépense. Nos interlocuteurs ont compris l’urgence de la situation et nous ont accompagnés dans l’instruction du dossier. Le prêt nous a été accordé environ 10 jours après notre premier appel à La Banque Postale. Nous aurions pu débloquer les fonds immédiatement, mais avons demandé leur versement après le vote du budget, prévu le 9 avril.