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Transition digitale et RSE : trois témoignages

Transformation numérique
Grand Est

Le 15 novembre 2018 à Illkirch Graffenstaden, environ 450 personnes se sont retrouvées pour la 9e édition du forum du développement durable organisé par l’association Idées Alsace. Sur le thème « Entreprises et territoires, de l’insouciance à la responsabilité », cette journée s’articulait autour de plusieurs tables-rondes.

« Comment allier transition digitale et RSE ? » était l’une des problématiques évoquées. La transition digitale est inévitable pour les entreprises et pour les citoyens. Elle permet de nouveaux modes de travail, plus d’innovation, un rapprochement des salariés de différents services, métiers ou zones géographiques. Ces nouveaux outils deviennent même des instruments au service de la RSE.

Aujourd’hui et pour l’avenir, la transformation numérique est indissociable de la transformation environnementale, pour faire face à certains revers : les déchets électroniques, la fabrication polluante des équipements ou la forte consommation énergétique d’internet et les émissions de gaz à effet de serre qu’elle entraîne. Mais d’autres questions se posent aussi, comme la sécurité des données, la révolution des usages, l’organisation interne des entreprises, ou des questions d’offre de service, d’éthique et de responsabilité sociale.

Trois entreprises qui ont fait le pari de la transformation digitale témoignent. La preuve que ces enjeux touchent toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.

La rupture avec les modèles existants est particulièrement visible au sein du Groupe La Poste, comme l’a expliqué Anne-Marie Jean, directrice du numérique éthique et responsable à la direction de l’engagement sociétal du Groupe. « L’impact est notamment fort dans le domaine du courrier. En 10 ans, la baisse de 50% du courrier au profit des mails a entraîné une transformation du métier de facteur. Désormais, les facteurs sont équipés de smartphones, ce qui constitue une véritable aide dans leur travail au quotidien : ils y trouvent le plan de la tournée, ou encore le fichier des procurations par exemple. Le numérique permet aussi d’offrir de nouveaux services, comme Veiller sur mes parents. Le facteur visite des personnes et rend compte instantanément de leur santé à leur famille avec son smartphone ».

Le Groupe La Poste développe la proximité vis-à-vis de ses clients notamment en participant à l’aménagement du territoire et à la réduction de la fracture numérique. Il souhaite être acteur d’un numérique éthique, qui respecte et sécurise les données, et qui ne laisse personne au bord du chemin.

Anne-Marie Jean a précisé que 13 millions de français sont éloignés du numérique. « C’est pourquoi La Poste souhaite être exemplaire dans cette transformation, en mettant le client au cœur de sa réflexion, en repensant son business model et en adaptant son organisation technique et humaine avec au centre le capital humain. »

Les intervenants à la table-ronde « Comment allier transition digitale et RSE ? » lors du forum du développement durable.

L’entreprise Mecasem à Ostwald est experte en métrologie et essais industriels. Une de ses activités est de rendre connectable les instruments de mesure. L’adaptation au digital est nécessaire, selon Christian Husser, directeur financier de Mecasem. « Avant de se lancer dans le numérique, nous nous sommes rendus compte que nous étions en décalage par rapport à l’attente de nos clients et que le numérique allait nous apporter un certain nombre de solutions ». Pour lui, « le digital a un impact sur les innovations, et les nouveaux produits ouvrent de nouveaux marchés ».

Pour les deux étudiants ingénieurs à l’école catholique d’arts et métiers (ECAM) de Strasbourg Europe, Pierre-Antoine Biotteau et Adrien Mugnier, l’évolution rapide du digital entraîne une modification des relations générationnelles dans le domaine de la transmission du savoir. « Avant, les anciens apportaient les connaissances aux jeunes et maintenant les jeunes forment les anciens sur le numérique. Cette sorte d’inversion n’est pas forcément naturelle pour les jeunes ni pour les anciens. »

L’intelligence artificielle permet aux jeunes d’accéder à des cours en ligne grâce aux MOOC (Massive Open Online Course). Question : l’intelligence artificielle peut-elle remplacer les professeurs ? Pour Pierre Antoine, « l’avantage des MOOC, c’est la souplesse, l’autonomie, on peut se connecter quand on le souhaite. Mais l’inconvénient c’est de ne pas avoir de contact humain. Le professeur peut répondre à des questions pointues auxquelles le robot ne peut pas répondre. Un professeur peut aussi vous encourager, vous soutenir. Le manque d’empathie et de nuance de l’intelligence artificielle est une limite de la relation à la machine. »

La Poste souhaite être exemplaire dans sa transformation numérique, en mettant le client au cœur de sa réflexion, en repensant son business model et en adaptant son organisation technique et humaine avec au centre le capital humain.

Anne-Marie Jean
directrice du numérique éthique et responsable du Groupe La Poste