Test européen pour diagnostiquer l’apnée du sommeil à domicile

Les deux filiales du Groupe La Poste Probayes et Docaposte sont associées au test d’une solution connectée de diagnostic de l’apnée du sommeil à domicile.

Services à la personne
Auvergne-Rhône-Alpes
Éclairage
5 min

En juillet 2019 a commencé le projet Sensapnea, un dispositif numérique de diagnostic à domicile du syndrome d’apnées du sommeil.

L’expérimentation consiste, pour 40 personnes, à tester un patch connecté à domicile. Placé sur le menton, le patch envoie des données durant le sommeil à une plateforme qui les analyse grâce à l’intelligence artificielle, pour une restitution des résultats dès le lendemain matin.

L’Université Grenoble Alpes et un consortium regroupant le Groupe La Poste, le CHU Grenoble Alpes, le concepteur belge d’objets connectés Sunrise, l’Imperial Collège de Londres et le living lab Madopa, ont répondu à un appel à projets lancé par l’Institut Européen d’Innovation Technologique en Santé (EIT Health) (01).

Au moins 30 millions de personnes en Europe ont un syndrome d’apnées du sommeil non diagnostiqué et non traité. La difficulté principale est liée à la complexité du processus de diagnostic, qui nécessite la mise en œuvre d’un appareillage relativement compliqué, la polysomnographie, dans des centres spécialisés ou à domicile.

L’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire du sommeil qui se caractérise par des pauses respiratoires de 10 à 30 secondes, voire plus, pouvant se répéter plus de 10 fois par heure. Ces apnées entraînent des microréveils qui peuvent avoir de sérieuses conséquences sur la santé, altérant considérablement la qualité de vie et exposant à un risque accru de maladies cardiovasculaires et métabolique.

En janvier 2019 et pour répondre à l’appel à projet de l’Institut Européen d’Innovation Technologique en Santé, le laboratoire HP2 (02) de l’Université Grenoble Alpes (UGA), a proposé un projet visant à tester une nouvelle solution intégrée de diagnostic à domicile du syndrome d’apnées du sommeil, reposant sur un capteur innovant de mesure des mouvements mandibulaires, connecté avec une analyse automatique de l’enregistrement nocturne en intelligence artificielle et incluant une application mobile pour que médecin et patients puissent partager les résultats.

Cet appel à projets a été remporté par l’UGA et le consortium regroupant Le Groupe La Poste, le CHU de Grenoble, la startup belge Sunrise concepteur d’objets connectés, l’Imperial Collège de Londres et le living lab Madopa.

Avant de se coucher, le patient placera un patch connecté sur son menton. Grâce à l’intelligence artificielle, les résultats seront consultables dès le lendemain via une application.

Jean-Louis Pépin
Professeur au Laboratoire HP2 (UGA) et au centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes (CHUGA), directeur du laboratoire INSERM-UGA U 1042

Jean-Louis Pépin, professeur au Laboratoire HP2 (UGA) et au centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes (CHUGA), directeur du laboratoire INSERM-UGA U 1042 : « L’essai clinique impliquant 40 patients volontaires, testera la fiabilité de l’utilisation d’un dispositif de diagnostic complet du syndrome d’apnées du sommeil via un patch connecté que le patient posera lui-même sur son menton à son domicile. Après une analyse par intelligence artificielle, les résultats seront consultables dès le lendemain via une application. »

Docaposte a été retenu pour fournir une solution technique de gestion sécurisée des données de santé dans une infrastructure de service Cloud souverain, ainsi que de s’assurer de la bonne compliance aux nouvelles règlementations en matière de stockage de données santé et de cybersécurité. L’acheminement des patchs connectés sera remis au domicile du patient par Coliposte.

  1. L’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) est un organe européen créé par l’Union européenne en 2008 afin de renforcer la capacité d’innovation de l’Europe. L’EIT fait partie intégrante du programme Horizon 2020, le programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation. L’EIT travaille avec un large éventail d’acteurs de l’innovation, en particulier avec les entreprises, les entrepreneurs, les autorités publiques (locales, régionales, nationales et européennes), les chercheurs, les étudiants et les universités. En travaillant en étroite collaboration au sein de ces partenariats, des entreprises, des universités et des centres de recherche de premier plan trouvent des solutions plus efficaces et innovantes pour l’Europe.

  2. Le Laboratoire HP2, Hypoxie PhysioPathologie Respiratoire et Cardiovasculaire, est une équipe de l’Université Grenoble Alpes et de l’INSERM, composée de chercheurs spécialisés dans l’étude de l’hypoxie et des pathologies respiratoires chroniques telles que le syndrome d’apnées du sommeil.

« Démontrer que ce projet est un moyen de diagnostic fiable »

ProbaYes, filiale d’intelligence artificielle du Groupe La Poste, réalisera l’analyse des données. Marie-Caroline Schaeffer, data scientist chez Probayes à Grenoble (photo ci-contre), « Probayes a intégré le projet Sensapnea en juillet 2019. Depuis octobre, nous collaborons avec la startup belge Sunrise, qui a développé un capteur de mouvements de la mâchoire ainsi qu’un programme qui analyse les apnées du sommeil. Notre mission est d’adjoindre à ce programme le calcul de variables qui permettront de renforcer la détection des événements respiratoires subis par l’utilisateur au cours de la nuit. »

Combiner ces données permettra aux médecins d’analyser les degrés de sévérité de l’apnée du sommeil des patients. Marie Joyeux-Faure, chercheur au Laboratoire HP2 et au CHUGA : « Ce test qui s’achèvera fin 2020 nous permettra certainement de démontrer que cette solution intégrée est un moyen de diagnostic fiable du syndrome d’apnées du sommeil et peu couteuse et avec beaucoup moins de contraintes pour le patient. »

Avec ce test, nous souhaitons démontrer que cette solution est un moyen de diagnostic fiable du syndrome d’apnées du sommeil, peu coûteux et moins contraignant pour le patient.

Marie Joyeux-Faure
Chercheur au Laboratoire HP2 et au CHUGA

Pour Emmanuelle Marandjian, responsable de l’offre e-santé Docaposte : « Ce projet confirme le rôle clé que joue Docaposte au service de la stratégie e-santé du Groupe La Poste. Il renforce la visibilité et la notoriété de Docaposte sur le marché de l’e-santé. Docaposte démontre aussi, à travers cette étude, sa capacité à déployer rapidement des solutions d’hébergement, de dématérialisation et d’outils de gestion des consentements patients, de télésuivi médical et de prévention, dans le respect des normes et des exigences réglementaires françaises. Enfin, Docaposte déploie sur les territoires, des plateformes d’orchestration de services d’e-santé et se place ainsi comme un accélérateur de projets d’innovation locaux. »