Restauration de la fresque de l’Hôtel des Postes de Lyon

Auvergne-Rhône-Alpes
Éclairage
5 min

La monumentale peinture murale de Louis Bouquet située dans l’Hôtel des Postes de Lyon a bénéficié d’une restauration soignée et attentive menée par 4 restauratrices du patrimoine. Dès le 22 novembre 2019, échafaudages, consolidants, enduit, pinceaux, pigments, tubes de peinture ont occupé le hall d’accueil plus de 2 semaines.

De gauche à droite : Nicolas Carbone (Poste Immo), Marie-Blanche Potte (DRAC), Sabine Maurin (famille Bouquet) et Caroline Snyers (restauratrice).

Protéger le patrimoine artistique postal et le valoriser est une des nombreuses missions de Poste Immo. Après avoir constaté, en octobre 2018, des dégradations et des fissures dues à un dégât des eaux, Nicolas Carbone, inspecteur technique immobilier de Poste Immo, a contacté la direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes (DRAC) et les archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon pour engager une démarche de restauration.

Suite à un appel d’offres, l’atelier de Caroline Snyers a été sélectionné. L’intervention a été organisée en deux phases. La première a eu lieu en juin, pour examiner les dégâts et définir le périmètre et l’organisation du chantier, la deuxième en novembre-décembre, pour réaliser les travaux. Quatre restauratrices sont intervenues sur la fresque pendant quatre semaines : Caroline Snyers, Claire Bigand, Karine Corbier et Béatrice Damour. Le chantier représente environ 15 % de la surface totale de l’œuvre de Louis Bouquet.

Les différentes étapes de la restauration présentées dans cette courte séquence vidéo.

Interview de Caroline Snyers, restauratrice de peintures

Caroline Snyers injectant un mélange de chaux et de sable dans les fissures.

Quelles techniques de restauration avez-vous utilisées ?
« Dans ce type de projet, il y a deux phases. Tout d’abord une opération de conservation qui consiste à nettoyer les surfaces altérées, les fixer et les consolider en injectant, dans les fissures, un mélange naturel de chaux et de sable. Pour ne pas dénaturer une œuvre, il faut restaurer avec le moins de matières possibles et avec des produits stables. »

Comment avez-vous procédé pour les couleurs ?
« Les retouches sont réalisées à l’aquarelle mélangée avec de la gomme arabique pour servir de liant. On choisit des pigments de très haute qualité pour leur stabilité. »

Quelle est la déontologie en matière de restauration ?
« Il faut toujours respecter le principe de réversibilité : on doit pouvoir enlever les produits ou matériaux utilisés lors d’un traitement de restauration sans altérer l’objet. L’idée, c’est de respecter l’intégrité de l’œuvre ou du bien culturel. Ce respect est bien sûr dû à notre formation. De plus, avec l’accompagnement de la DRAC, c’est aussi une obligation. »

Un peu d’histoire

L’œuvre monumentale de Louis Bouquet – 54 m de longueur sur 4 m de hauteur – a été achevée en 1937, ornant depuis cette date le hall de l’Hôtel des Postes, place Antonin Poncet à Lyon. L’artiste a réalisé tous les fonds en semi frais ou « mezzo fresco » en utilisant un mortier de chaux et de sable. Cette fresque, dont la partie centrale est une allégorie de la ville de Lyon, illustre le rayonnement mondial de la ville, grâce aux transports et aux ondes radio passant par l’Hôtel des Postes. Une œuvre que les clients et touristes peuvent contempler à loisir durant les horaires d’ouverture du bureau de poste.