Le portage de repas, l’autre lien quotidien de La Poste

Interview de Nicolas Tran, directeur de l’offre.

Services à la personne
National
Rencontre
9 min
Deux situations de portage de repas

Nouveau service du facteur depuis 2017, le portage de repas monte en puissance : de 250 000 repas servis quotidiennement à 1 500 seniors en 2019, La Poste compte passer cette année à 600 000 repas pour 3 000 bénéficiaires. Les précisons du directeur de l’offre, Nicolas Tran.

Acteur de proximité et de confiance, La Poste a mis au point deux offres de service à destination des collectivités, afin qu’elles puissent contribuer à l’autonomie des seniors et faciliter leur maintien à domicile.

Le service de portage de repas au domicile des personnes âgées a été lancé en 2017 en partenariat avec des sociétés de restauration. Cette prestation clé en main comprend l’élaboration de repas équilibrés et leur livraison à domicile par le facteur.

Lancé en 2019, Proxi course Repas est un service de livraison de repas préparés par les collectivités elles-mêmes ou leur prestataire habituel.

Nicolas Tran, directeur du portage de repas à La Poste

Pour les deux offres, La Poste utilise une box isotherme ou un camion frigorifique pour garantir la chaîne du froid. Tous les facteurs concernés suivent une formation à l’hygiène alimentaire et à la chaine du froid. Ils rangent les repas directement dans le réfrigérateur, au domicile des seniors.

Les précisions avec Nicolas Tran, directeur du portage de repas à La Poste.

Quand et pourquoi le portage de repas a-t-il été lancé par La Poste ?

Le portage de repas a été lancé en septembre 2017, comme pour tous les nouveaux services, en vue de diversifier l’activité du facteur. Au départ, nous nous sommes demandé ce qui pouvait faire sens dans la livraison à domicile pour les personnes âgées. En analysant ce marché et en discutant avec des opérateurs de restauration, nous avons eu la conviction que le portage de repas pour nos aînés correspondait au savoir-faire de La Poste.

La première année d’activité, nous avons servi 500 seniors, soit 80 000 repas distribués. En 2019, 1 500 personnes âgées ont bénéficié du service chaque jour, soit 250 000 repas. Nous visons 3 000 bénéficiaires et 600 000 repas en 2020.

Auprès de qui cette offre est-elle commercialisée ?

Aujourd’hui, aux entreprises ou aux collectivités territoriales. Des mairies, des traiteurs, des sociétés de services à la personne sont les clients de La Poste. Ces professionnels du bien-vieillir au domicile proposent ensuite le service aux personnes âgées. 35 villes nous ont déjà fait confiance et nous avons de belles perspectives de croissance.

Que peut-on dire de la couverture du territoire à fin 2019 ?

L’offre est disponible partout, y compris dans les DOM. Il y a aujourd’hui 30 départements où des facteurs réalisent du portage de repas.

Qu’est-ce qui manque pour être présent dans tous les départements ?

Avec deux ans d’ancienneté, l’offre est encore très jeune, mais La Poste commence à se faire une place sur ce marché fortement concurrentiel. Le cycle de vente avec des entreprises ou des mairies est assez long. Parfois, la négociation d’un contrat peut durer plus d’un an. Pour être présent partout, il faut du temps. Mais, d’ici quelques années, nous serons un acteur majeur du portage de repas partout en France.

Avec le portage de repas, La Poste semble être dans son cœur de métier…

En effet, la notion de cœur de métier est juste, le facteur qui livre à domicile est dans une mission ancestrale. Il est l’acteur incontournable de la présence postale, connu et particulièrement apprécié des personnes âgées. Apporter un repas s’intègre parfaitement dans la continuité de cette mission. C’est une distribution quotidienne qui facilite le bien-vieillir à domicile. C’est une mission noble et utile, qui participe humblement à la croissance du chiffre d’affaires de La Poste.

Un lien quotidien en adéquation avec les valeurs de La Poste

Combien de facteurs concernés ?

Aujourd’hui, 50 facteurs font du portage de repas en France et il devrait y en avoir une centaine l’année prochaine. Quant au nombre de seniors servis, je pense que l’on peut atteindre les 7 000 voire 8 000 d’ici à quatre ou cinq ans. Un peu plus de 260 facteurs à temps plein réaliseront alors cette prestation.

En termes d’image, est-ce un relais de croissance pour d’autres activités, notamment auprès des collectivités ?

Nous sommes attendus par les mairies, beaucoup viennent à nous. Nous sommes légitimes pour réaliser cette mission d’amener des repas aux seniors. Aujourd’hui, La Poste transporte des denrées alimentaires. Ce n’était pas le cas il y a deux ans, c’est une grande innovation. Cela peut ouvrir de nouvelles perspectives que nous étudions.

Comment les facteurs perçoivent-ils ce nouveau métier ?

Comme toujours, il y a eu des appréhensions au départ. Mais nous avons beaucoup de retours positifs. Il y a souvent un attachement aux personnes âgées qui se crée. Les facteurs nous disent qu’ils se sentent en phase avec cette activité. Ils entrent chez les gens, ils parlent avec eux, leur apportent à manger et veillent sur eux. Ils sentent que c’est une mission utile. C’est un lien quotidien en adéquation avec les valeurs de La Poste.