Philippe Mihelic

Méfiez-vous avant d’inviter Phillipe Mihelic à dîner ou prendre un verre quelque part : il trouve que chaque service est améliorable. Il interroge constamment son expérience de client, il la décortique, l’analyse et la repense systématiquement.

N’allez pourtant pas croire que cette frustration latente le paralyse, c’est une source de plaisir, d’enthousiasme et de créativité sans fin pour lui : «  Cette frustration, c’est presque un  état d’esprit, voire une structure mentale. En tant que créatif c’est un moteur. Toujours vouloir mieux, plus adapté, plus beau. » Philippe Mihelic, directeur de la création et de l’innovation de Yellow Innovation by La Poste, est un digital native, né comme il le dit « avec un clavier dans une main et un appareil photo dans l’autre ». En 1995, ce geek fait ses armes chez Publicis avant de quitter le navire deux ans après afin de développer ce qui deviendra FullSix dès 1997. Deux commerciaux, deux créatifs, deux ingénieurs débutent l’aventure et atteignent rapidement le millier de collaborateurs pour devenir la première et la plus importante agence de communication digitale « Les années 90 étaient un boulevard pour nous, raconte Phillippe Mihelic, Internet naissait littéralement et avec lui une pléthore d’opportunités inédites de communiquer pour les marques. D’un truc gris bleu, de machines encombrantes naissait un nouveau monde qu’on a adoré avant tout le monde. On a simplement professionnalisé notre enthousiasme. »

L’air du temps, l’inspirer, s’en inspirer

Quand on demande à Philippe Mihelic où et quand il respire la réponse est simple : «Je suis un créatif, mon job c’est l’air du temps. Je respire tout et tout le temps. C’est une veille permanente, et l’époque est ultra perceptible et stimulante à travers n’importe quelle expérience. » Cette agilité face à l’époque anime l’esprit de Yellow Innovation que Phillipe Mihelic pilote depuis 2015. La structure Yellow Innovation accompagne La Poste dans son évolution digitale que Philippe Mihelic envisage d’une manière globale, dans une logique de continuité plus que de rupture « Le digital est naturellement dédié à une société de services comme la nôtre et La Poste c’est simplifier la vie des gens  grâce à des services à la personne de plus en plus adaptés à la clientèle. »

Être ce qu’on fait

Philippe Mihelic clôturera ce Lab postal 2018 en espérant que la diversité des conférenciers et intervenants créera une émotion, une confrontation féconde qui feront de cette édition, un épisode de plus dans l’évolution globale du groupe : « On a invité des théoriciens bien sûr mais nous sommes avant tout ce que nous faisons et la présence des makers est primordiale pour moi. Alain Passard, par exemple, partagera avec nous son expérience de rupture quand il s’est lancé dans la haute-gastronomie végétarienne. Ce type d’intervention est capital pour disrupter ce Lab 2018. »  On soupçonne quand même Philippe Mihelic de n’être pas seulement  gourmand de son époque mais après tout,  les nourritures terrestres sont autant d’expériences dont le Lab Postal pourrait tirer des idées tout à fait digestes.

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