Angers choisit Engie et La Poste pour son projet de smart city

Développement Territorial
Pays de la Loire
Éclairage
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Pour déployer son projet de « smart city », et devenir ainsi le premier « territoire intelligent » de France, Angers Loire métropole a choisi à la fin 2019 le groupe Engie et ses partenaires, dont La Poste. Explications et éclairage de Fabien Jouron, délégué du Groupe La Poste en Pays de la Loire, sur les enjeux et perspectives de ce vaste projet.

Une grande première prometteuse. La Poste vient de remporter fin 2019, au sein d’un consortium mené par Engie et incluant aussi Suez et le groupe Vyv, un appel d’offres pour mettre en place le dispositif de « smart city » au sein d’Angers Loire métropole. Objectif : co-créer le premier « territoire intelligent » de France. Montant total d’investissement : 178 millions d’euros. Les équipes d’Engie Solutions, de Suez, de La Poste et du groupe mutualiste d’assurance VYV ont donc commencé à élaborer depuis janvier 2020 des solutions innovantes, en étroite concertation avec la collectivité, ses partenaires, les entreprises locales et les citoyens.

Avec celui déjà initié à Dijon, c’est aujourd’hui l’un des principaux projets de ville intelligente (ou smart city) mené en France. Sa raison d’être ? S’appuyer sur la technologie pour accélérer la transition écologique du territoire et améliorer son attractivité, optimiser l’organisation des services publics et assurer une gestion plus efficace des ressources, et enfin faciliter et améliorer la vie quotidienne des habitants. Interview de Fabien Jouron, délégué du Groupe La Poste en Pays de la Loire (photo ci-contre).

Que représente au juste cette participation au projet smart city d’Angers pour La Poste ?

L’enjeu est de taille. C’est en effet un levier de croissance qui peut se révéler très important à l’avenir pour le Groupe. De nombreuses villes de taille grande, moyenne ou même petite réfléchissent aujourd’hui à mettre en place ce type de dispositif de ville connectée, pour des raisons économiques autant qu’écologiques. L’agglomération pionnière en la matière aujourd’hui en France est celle de Dijon. D’autres devraient certainement suivre en 2021-2022.

Quelle valeur ajoutée souhaite apporter La Poste, en lien avec les autres acteurs ? Bref, quel est son positionnement exact ?

Il y a en fait deux grands niveaux à cette implication. Le premier, la couche de base, c’est l’hébergement et la gestion des données numériques des habitants par Docaposte, tiers de confiance fort d’une expertise importante en la matière. Le deuxième niveau consiste à offrir à la collectivité un bouquet de services de proximité variés, utiles au quotidien, et mêlant le meilleur de l’humain et du numérique – l’ADN de La Poste et des postiers. Les facteurs notamment auront un rôle essentiel à jouer, pour aider les habitants à s’habituer à utiliser ces nouveaux services connectés.

Concrètement, peut-on préciser à ce stade certains services ?

Nous allons proposer une grande variété de prestations à la Ville d’Angers, donc à ses habitants : par exemple l’analyse de la qualité de l’air via des capteurs placés sur les voitures des facteurs, avec la start-up Atmotrack, notre partenaire dans le cadre de la French IoT. Toujours grâce au facteur, nous pourrons assurer le portage de repas ou de biens culturels au domicile de personnes qui ont du mal à se déplacer. Citons aussi les visites effectuées par le facteur pour détecter les besoins en travaux de rénovation énergétique des habitations, avant intervention éventuelle d’un prestataire qualifié et de confiance. Enfin, il est aussi question de mettre en place des offres innovantes de vélopartage, grâce à l’expertise de notre filiale Bemobi.

Et quid de la logistique urbaine en mode propre ? C’est aussi un volet pris en compte ?

Oui bien sûr. Nous allons ainsi faire bénéficier la ville d’Angers des prestations de notre filiale dédiée Urby, experte en organisation et optimisation des flux de logistique entrants et sortants du centre-ville, et déjà implantée depuis l’année dernière dans l’Ouest, en l’occurrence à Nantes. L’intérêt de la mutualisation intelligente que propose ce consortium : un impact écologique le plus sobre possible, et une efficacité maximale pour les transporteurs au service des habitants.

Le projet couvrira donc de nombreux domaines de vie au quotidien pour les Angevins...

Oui, et ce n’est pas tout. Nous travaillons aussi sur encore d’autres prestations innovantes et utiles pour la population : ainsi, nous allons effectuer, via les facteurs là encore, des visites de « levée de doute » pour le compte du CCAS auprès de personnes fragiles et en difficulté, détectées comme telles. Objectif : vérifier l’état de santé de ces personnes, et faire remonter des informations pouvant motiver une action adaptée.

La thématique de la santé est donc aussi concernée par le projet…

En effet. À l’avenir, nous pourrions également proposer aux étudiants de bénéficier d’une téléconsultation médicale au sein du bureau de poste, via une cabine spécifique dédiée, fournie par le groupe Vyv, spécialiste en la matière et partenaire du consortium. Avec l’idée de répliquer dans une certaine mesure, dans le domaine de la santé connectée de proximité, le passage des épreuves théoriques du Code de la Route dans les locaux de La Poste, une expérience jugée très positive par toutes les parties prenantes.