À Lyon, l'écologie au cœur des préoccupations des citoyens

National
Événement
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Après avoir été questionnés sur la transition numérique (Nantes), la transition territoriale (Lille), la transition démographique (Toulouse), les citoyens de la région Rhône-Alpes se sont penchés en fin de semaine passée sur la transition écologique.

Pendant deux jours, "éclairés" par des experts externes et internes à La Poste, vingt citoyens se sont penchés sur la problématique de la transition écologique. Un sujet visiblement au cœur des préoccupations de tous.

D'emblée, les questions fusent : qu'en sera-t-il des transports ? De la mobilité ? Des déplacements ? Des livraisons ? À Lyon, lors de la conférence sur la transition écologique, les citoyens, rassemblés dans un amphithéâtre de l'immeuble des Postes, imposante construction datant de 1938, s'inquiètent, proposent des solutions, suscitent des réponses.

La ville endormie, ce samedi matin, est couverte d'un rideau de pluie, et des rares rayons de soleil viennent éclairer par intermittence la basilique Notre-Dame de Fourvière et la tour-clocher de l'ancien hôpital de la Charité. "Est-ce notre avenir ?", plaisante Loriane, jeune femme attentive, qui a noté les points les plus forts développés par Thierry Pech, directeur général du think tank Terra Nova. Celui-ci vient de développer les arguments les plus précis en faveur de la transition écologique, et de la dépollution des villes. Le sujet, évidemment, intéresse au premier chef La Poste, qui a équipé sa flotte de véhicules propres.

Les gaz à effet de serre, constate Thierry Pech, enserrent la planète comme un édredon, et l'empêchent de respirer. Conséquence : fonte des glaces, dérèglement climatique, déséquilibre des écosystèmes, réchauffement des océans, catastrophes naturelles.

"La moyenne d'un citoyen français, c'est la production de 11 tonnes de carbone par an". Quelle serait la bonne moyenne demande Michel, un motard visiblement concerné: "Deux tonnes", répond Thierry Pech. Qui ajoute: "Savez-vous qu'en passant de 130 km/h à 110 km/h, on réduit de 20% la production de gaz à effet de serre ?" La conclusion est simple : l'orateur invite au changement de mode de production et au mode de vie.

"Et l'eau ?" demande Muriel, enseignante quadragénaire. Réponse : en 2030, les besoins mondiaux seront de 6900 milliards de mètres cubes, or la disponibilité sera de 4200 milliards. Les citoyens devront apprendre à gérer ces ressources. Gérard, retraité, énonce le maître-mot de la matinée: "Ce sera une question de responsabilité, alors". La responsabilité, voilà la clé - dont la Poste fait déjà bon usage.

"C'est dans l'ADN de La Poste"

Le débat s'engage, avec Muriel Barnéoud, directrice de l'engagement sociétal de La Poste. Visiblement passionnée, portée par le sens de sa mission, celle-ci engage le débat. Oui, le tri des paquets est rationalisé, ainsi que le chargement des véhicules de La Poste. Oui, La Poste est très consciente de sa responsabilité: "Quand on a 72 000 facteurs qui font 50 fois le tour de la Terre tous les jours, on ne peut qu'être impliqué dans la lutte écologique". À une question pressante d'une auditrice ("En quoi le bien commun est-il l'affaire de La Poste ?"), Muriel Barnéoud précise: "C'est dans l'ADN de La Poste".

Depuis sa création, elle oeuvre pour les citoyens en distribuant le courrier. Elle continue aujourd'hui en se préoccupant de l'avenir, en créant des puits carbone, en acquérant des véhicules vertueux, en mutualisant les livraisons, en achetant de l'électricité issue des renouvelables, en finançant des prêts pour la transition, en favorisant les placements responsables, en proposant des offres de mesure de qualité de l’air aux collectivités  (Geoptis), en compensant à 100% ses émissions de carbone et en ayant dix projets d'autoconsommation d'électricité en cours. La force de conviction de Muriel Barnéoud, communicative, incite Mylène, étudiante, à demander : "Comment contraindre les grandes entreprises à être plus vertueuses ?" Elles sont déjà souvent conscientes de leurs obligations, comme nous, répond Muriel Barnéoud. Car, dit-elle, "La Poste, elle est comme ça".

Les transports une préoccupation majeure

La pluie, dehors, frappe les fenêtres. Là-haut, Notre-Dame de Fouvière luit, mouillée de haut en bas. L'une des tours symbolise la Force, l'autre la Prudence.

Michel Deprost, l'orateur suivant, est le créateur du site "Enviscope.com" et a publié un livre sur la transition énergie-climat concernant la région Auvergne-Rhône-Alpes. Lui, il plaide pour une action ciblée, à partir des territoires. Une fois de plus, la question des transports agite les auditeurs. C'est, semble-t-il, la préoccupation majeure : comment pourra-t-on se déplacer ? Depuis des années, on nous invite à vivre hors des villes. Or, c'est cette dispersion qui provoque une augmentation de la circulation. Comment résoudre ce point particulier ? Par la mutualisation, par les aides, par la compréhension de ce que nous réserve l'avenir. Le régional est essentiel, dans cette perspective.

Contre-exemple : Paris est un gouffre énergétique. Des villes comme Lyon ou Grenoble prennent des mesures pour éviter cet écueil. L'éolien, les normes d'isolation thermique, l'amélioration de la logistique urbaine, voilà les pistes à suivre.

La Poste agit et indique aux autres le combat à mener

Anne-Sophie Louvat, présidente de Urby / Evol Grenoble, enchaîne. La logistique urbaine, sujet qui intéresse La Poste, c'est son affaire. Contrôler les flux qui entrent et sortent des villes, c'est important. Anne-Sophie Louvat développe ses idées : plates-formes mutualisées en dehors des villes, problème du dernier kilomètre des livraisons (le plus cher, le plus compliqué, car au coeur des villes), revitalisation des centres urbains, multiplication des livraisons dues à l'e-commerce, taux de remplissage des véhicules, recharges électriques et bornes disséminées...

À peine a-t-elle terminé son exposé que les questions arrivent : "Y a-t-il un déséquilibre entre les véhicules entrants et les sortants ?" (Oui, mais on y remédie); "Pourquoi l'Est de Lyon a-t-il toujours été le parent pauvre ?" (question de topographie du terrain), "N'y a-t-il pas des réglementations imposées par l'État qui sont contre-productives ?" (Oui, mais elles se corrigent avec le temps); "Quel est l'objectif de Lyon, pour l'avenir ?" (créer 1000 km de pistes cyclables rapidement).

Un auditeur s'inquiète des catastrophes naturelles. Le Rhône, à deux pas, gonfle sous l'effet des pluies. Les premières nouvelles des inondations dans les Alpes-Maritimes parviennent. Est-ce là le signe des temps à venir, comme l'a suggéré Thierry Pech en signalant l'augmentation des catastrophes naturelles depuis une vingtaine d'années ? Tous les auditeurs, ici, ont l'esprit citoyen, et constatent que, si une entreprise comme La Poste agit, elle indique aux autres le combat à mener.
Une auditrice aux lunettes rouges - Floriane - se charge de la conclusion de la conférence: "Tous les bureaux de poste doivent faire savoir quels services sont proposés et quelles actions sont en cours. Il faut communiquer et éduquer".

Entre la Force et la Prudence, les deux tours de la basilique de Lyon, il y a un escalier, dont le nom résume, à lui seul, la nécessité de la transition écologique. Cet escalier se nomme: La Sagesse.