Le Pacte Social

3 questions à Valerie Decaux

Ressources humaines
National
Publié le 10 juin 2021
Mis à jour le 11 juin 2021

La Poste a signé le 4 mai 2021, avec les organisations syndicales CFDT, la liste Osons l'Avenir CFE-CGC / CFTC et l’UNSA-Postes, un nouvel accord social national "La Poste, engagée avec les postiers". Cet accord, conclu jusqu’à fin 2023, constitue une étape essentielle à l’appui du nouveau plan stratégique « La Poste 2030, engagée pour vous ». Il a été co-construit avec les différentes branches du Groupe La Poste et concerne les 200 000 postiers de la branche Services-Courrier-Colis, du Réseau , des services financiers et des fonctions supports (ressources humaines, comptabilité, communication…)

Valérie DecauxDirectrice générale adjointe du Groupe La Poste en charge des Ressources Humaines
1

La Poste a signé son nouvel accord social « La Poste, engagée avec les postiers » le 4 mai 2021, quelle est son ambition ?

1

 : Nous souhaitions négocier un texte qui vienne en appui du nouveau plan stratégique « La Poste 2030, engagée pour vous ».  Ce nouvel accord social met en adéquation les besoins de l'entreprise et les souhaits d’évolution des postiers qui accompagnent au quotidien la transformation.

La Poste évolue profondément et nous devons répondre toujours mieux aux évolutions de la société, à nos missions de service public et aux besoins de nos clients.

Cet accord social s’articule autour de cinq grandes orientations. Nous avons voulu mettre l’accent sur la santé et la sécurité au travail sur tous ses aspects, à la fois sur la prévention des risques physiques et  des risques psycho-sociaux. Garantir un emploi de qualité pour tous les postiers est également au cœur de nos préoccupations. Nous mettons en place une gestion prospective des ressources humaines au plus proche des lieux de vie des postiers pour accompagner le développement de la mobilité en interne et des parcours professionnels. La formation prend une place importante dans l’accord ainsi que les actions socialement responsables telles que l’insertion des jeunes dans l’entreprise.

L’accord « La Poste, engagée avec les postiers » est d’une durée de trois ans.  Cela nous permet d’avoir une bonne vision des actions à mener qui seront suivies tout au long de la durée de l’accord.

2

Quelles actions seront mises en place pour permettre aux postiers d’évoluer ?

2

 : Un point majeur dans cet accord est notre engagement, jusqu’à fin 2023, d’exclure tout dispositif collectif de départ contraint. Cela fait d’autant plus sens que nous avons mis en place de nouveaux dispositifs de développement, d’évolution et de formation professionnelle. Nous avons notamment innové en créant deux types de parcours internes. Le premier est ce que l’on appelle le parcours « pionnier » qui permet de viser un métier très différent avec un écart de compétence important. Par exemple, un chargé de clientèle qui souhaite devenir concepteur-développeur. L’autre parcours, est l’itinéraire « balisé » pour les postiers qui souhaitent évoluer sur des nouveaux postes où l’écart de compétence avec le poste actuel est moindre. L’idée est de faire coïncider les besoins de l’entreprise et la volonté des postiers de rester dans l’entreprise tout en évoluant professionnellement. Nous avons pris l’engagement de consacrer chaque année 200 millions d’euros à la formation professionnelle sur la durée de l’accord. La formation au numérique pour tous est un incontournable avec l’engagement de former 100 % des postiers à horizon 2025 avec le programme « Cap compétences numériques ». C’est un parcours de formation complet et personnalisé permettant à tous les postiers de progresser dans les usages numériques tant dans leur vie professionnelle que personnelle. Certaines formations apporteront une certification. L’autre aspect important est la posture client c’est-à-dire une meilleure prise en compte des besoins de nos clients, dans l’écoute et le comportement. Cela fait bien sûr écho à la priorité numéro 1 de notre plan stratégique qui est de servir nos clients au plus haut niveau de qualité. D’une manière générale, les parcours de formations ont été retravaillés de façon plus structurée, lisible et adaptées aux métiers de chacun.

3

Comment allez-vous renforcer la qualité de vie au travail et la préservation de la santé et de la sécurité au travail des postiers ?

3

 : 80 % des postiers exercent des métiers de terrain, cette dimension qualité de vie au travail, qui existe depuis longtemps, est donc très importante. Nous avons voulu renforcer les mesures déjà existantes, et qui fonctionnent très bien, mais également aller plus loin. Nous avons  souhaité travailler sur l’ergonomie des postes de travail, pour prévenir les troubles musculo–squelettiques (TMS), et tester des nouveaux outils qui limitent le port de charge comme les exosquelettes. En effet, même si aujourd’hui beaucoup de machines sont automatisées, il reste encore des missions physiques.

Nos actions de prévention visent également à mieux prendre en compte les enjeux de santé dans les organisations de travail et les parcours professionnels des postiers.

Pour aider et protéger les salariés contre la violence verbale ou physique de certains clients,  nous avons renforcé la prévention des incivilités notamment dans les bureaux de poste identifiés comme sensibles avec la mise en place de formations leur permettant de mieux gérer les situations de tension.